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COMMENT J'AI MIS EN PLACE L'ANALYSE INTENSIVE ?
 
       Simplement en appliquant ce que j'aurai moi-même souhaité que mes psychanalystes m'accorde.
Chaque fois que j'avais une crise d'angoisse et que j'étais seule chez moi, c'était un enfer, je me disais :
« Si seulement je pouvais parler à mon psy ! »
Et puis ce furent ces longs week-end, puis venaient ensuite les vacances des psys !
Je me souviens que je comptais les jours du 31 juillet au 1er septembre !
Si les choses semblaient progresser durant les jours de séances, le reste du temps j'attendais la séance suivante.
C'est au cours de ma troisième année d'analyse que les questions défilèrent dans mon esprit.
Depuis ma première séance j'avais pris l'habitude de noter ce qui ce passait dans ma vie, durant mes séances et ce chaque matin.
Mais à la troisième année, en relisant mes écris j'ai vite compris que je tournais en rond.
J'ai quitté mon premier psychanalyste comme j'en ai témoigné dans la revue « psychologies » après la douzième année.
C'est en « sortant avec mon psy » que j'ai compris la fragilité du psychanalyste.
Les psychanalystes…Ont peur !
De quoi ?
D'être dépassé par leurs patients (tes) comme ce fut mon cas.
D'être séduit ou de tomber amoureux ,ou d'être simplement incapable de le (la ) suivre.
Étant passée par « la transgression » je connais la limite extrême à ne pas dépasser.
En dehors de cela je m'accorde tout ce qui serait en mon pouvoir pour « sortir un patient de là » !
Ce sont mes 2O années de travail personnel et en analyse avec mes différents psychanalystes avec qui j'ai travaillé: Un élève de Freud, un élève de Lacan, un élève de Dolto et Yung qui m'ont amené à ses conclusions :
« L'analyse traditionnelle n'est plus adaptée à notre temps ! »
Parce qu'un patient se sentira enfermé dans un bureau de psy et un autre s'y sentira sécurisé nous devons en tenir compte.
Au bout de 2O ans d'analyse j'étais agacée des bonjours ,au revoir, à lundi, à jeudi !
Agacée de leurs façons distantes de me serrez la main alors que je livrais les choses les plus intime de ma pensée.
Agacée de voir qu'ils avaient le droit du choix des jours de leurs vacances alors qu'ils m'imposaient les leurs.
Agacée de devoir payer leurs honoraire si je perdais une séance.
Agacée de devoir les payer en liquide pour des raisons qui ne sont que mensonges.
Agacée de la peur qu'ils me renvoyaient de moi, « la transgresseuse »
Agacée de leur arrogance !
Agacée enfin de leurs non « tenue aux résultats »
Agacée de leur façon de parler très « intello » où seul Lacan s'y comprendrait ........et encore !
J'ai changé « ce qui m'agaçais» chez mes psys, tout simplement.
Vient ensuite « la technique », si j'en ai changé la forme, j'ai aussi modifié des éléments dans la structure de la psychanalyse traditionnelle.

 
Qu'est ce que l'analyse intensive ?

    Il faut savoir que l'analyse intensive est un choix.
C'est évidemment une « méthode accélérée », qui ne convient pas à tout le monde.
Un nombre d'heures plus important, des séances beaucoup plus longues.
Une séance peut durée jusqu'à trois heures. Parce qu'une séance peut s'enchaîner avec une autre immédiatement, on peut considérer que le travail produit en trois heures pourrait être l'équivalent, non pas de 6 séances d'une demi-heure mais bien plus que cela.
Ensuite l'analyse intensive demande beaucoup de travail personnel tant du psy que du patient.
Dans un premier temps nous mettons en place sur un tableau le « schéma du patient ».
Puis nous lui expliquons là où fut crée la rupture pour mettre fin aux situation cycliquement répétitives.
Ainsi le patient participe au programme que nous devrons faire ensemble.
C'est ici que j'ai crée la méthode :
« Les grands schémas de la psychanalyse »
Nous répondons à chacune des questions que nous pose un patient, fussent-elles sur notre vie privée ou personnelle.
Si un psy doit rester « lisse » (sans jugement personnel), je pense qu'il doit aussi être transparent, cela renforce la confiance et permet de supprimer le « transfert » que je juge « dangereux » car il donne aux psys un pouvoir qu'ils n'ont pas.
Presque tous mes psys ont fait des contre transferts.
C'est à dire que pour la plus part, ils confondaient leur vie avec la mienne.
Nous travaillons donc sous forme de « symbiose ».
Nous sommes en symbiose avec le patient et ensemble nous refaisons la route qui n'a pas été faite.
Pour l'avoir vécu je sais que les transferts ne sont pas « gérables », la symbiose est défaite dés que la personne « est sortie d'affaire ».
C'est une technique plus complexe mais qui laisse plus de liberté, malgré les apparences, au patient.
Ensuite je parlerais « des angoisses » de nos patients :
L'angoisse est un discours du psychisme qui utilise le corps pour se faire entendre.
Comment voulez vous que le patient retienne son angoisse jusqu'à la prochaine séance ?
Ce serait comme demander à une femme sur le point d'accoucher de revenir la semaine prochaine !
Alors dés que l'angoisse est là, le psy doit être présent pour aider le patient à entendre le discours qui se cache derrière son angoisse. C'est ici que nous sommes en ligne téléphonique 24h sur 24h.
En étant à l'écoute de l'angoisse du patient nous gagnons un temps précieux.
C'est cela « l'analyse intensive ».
Évidement nous ne pouvons recevoir que très peu de patient. Mais nous voyons nos patients quitter l'analyse très rapidement.
Avec cette pratique nous menons des analyses de 6 mois à 3 ans maximum. A savoir que dés les premières séances nous pouvons dire à peu prés combien de temps durera l'analyse pour un patient.
 Dans cette pratique nous travaillons selon Freud, sur l'inconscient. De Lacan nous utilisons les « coupures » et de Yung la version « anima animus ».
Je n'ai pas changé le fond de la technique mais uniquement la forme et remplacé le transfert par la symbiose.
Lorsque nous recevons un patient :
« Nous sommes tenus aux résultats ! »
Comme disait un de mes patients :
« Souffrir pour souffrir, je préfère souffrir pour ne plus souffrir. »


                                                                                                                                                               Raymonde Hazan.

 
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